Gregoire Cviklinski

Mon travail découle d’une recherche incessante, d’un cheminement intuitif, d’une créativité effervescente qui débouchent sur des formes aussi variées qu’imprévisibles, ne dissimulant pas complètement un regard ironique ou critique sur les aberrations de notre époque. Je m’efforce de transcender les médiums que j’emploie, ne me contentant pas d’apporter des réponses définitives mais élargissant les possibilités. Il ne s’agit pas de regarder au travers d’un prisme moralisateur mais de prendre en compte le paradoxe de la fascination et du désir lié aux objets de consommation. L’univers que je déploie témoigne de la complexité infinie de l’époque contemporaine ainsi que de l’impossibilité de saisir les choses dans leur complétude. Tentative acharnée d’organiser la confusion du monde sans pour autant la figer, mon travail est une remise en question permanente, où prétendre détenir la vérité est illégitime. Comment montrer la folie contemporaine faite de rentabilité, de pragmatisme froid et aliénant en laissant libre court à une folie subjective intemporelle, poétique, pure et libre de l’artiste ?

Acid factory
série de sérigraphies picturales en quadrichromie,
motifs de gestes de raclette de sérigraphie et pertes d’informations,
90x50cm, 2017

Les sérigraphies en quadrichromie à partir de photographies sont irradiées. Couches après couches, mes gestes se rapportant à la peinture créent des motifs directement sur la matrice. Les empreintes colorées laissées sur le papier sont une trace chargée d’informations. Celles-ci se superposent  à l’image, se perdent au profit du motif et tendent vers l’abstraction. Les sérigraphies travaillées en série d’unique, deviennent ainsi pattern d’un assemblage acide.

Installation sans titre
publicités, packaging, sérigraphies en quadrichromie,… , 2017

Cette partie de mon travail est une dérive à travers les vestiges d’une ère industrielle révolue. Parcourant friches, routes oubliées, bassins vides… je photographie, dessine, collecte des traces, objets, archives abandonnées… Mêlant l’archéologie de ces lieux à un jeu avec l’imaginaire, je crée des installations où la profusion de reliques conglomérées et sublimées perturbent le jugement du spectateur. Entre parc d’attraction et déchetterie, l’immondice apparaît comme résidu d’un process de production, de consommation et d’obsolescence. La manière qu’adopte une société pour traiter ce qui n’a pas d’utilité économique révèle sa hiérarchie de valeurs,…

Macronchromy
4 matrices xylographiques, 140x240cm, 2019

Je rends plastique les notions de reproductibilité d’images en créant un parallèle avec l’aliénation du geste de production industrielle. Une remise en question temporelle en appuyant sur l’effet chronophage du geste obsessionnel. Je déploie une expérimentation poussée de l’estampe via un protocole de gestes afin d’expérimenter de nouvelles configurations de la production d’images. Mes travaux sondent les territoires, c’est un jeu entre le fond et la forme que je veux le plus vaste possible. Le support devient aussi important que l’image. C’est une hétérotopie en deux dimensions.