Fabiola Amaudric

Je m’intéresse à la complexité du montage et à la pluralité des relations entre les différents espaces dans l’espace de l’œuvre.

J’appréhende l’espace pictural et l’espace d’exposition de la même manière : comme un espace en plusieurs dimensions au sein duquel se trouvent une multitude d’autres espaces interconnectés. Ces connexions reposent sur une variation de rapports relevant parfois du conflit, de la tension ou bien de l’harmonie entre les espaces.

Clash, 150x150cm, acrylique sur toile

Blèsement, 180x150cm, acrylique sur toile

Phthalo, 90x90cm, acrylique sur toile

Le dessin s’intègre à la peinture, la feuille vient se coller sur la toile. La peinture se fond dans le dessin. Espace pictural en mouvement. La toile peinte est présente au mur et au sol, elle occupe l’espace, en prend possession. Comment faire exister la peinture et le dessin dans l’espace et comment l’espace les fait exister ?

Sans titre, 42×29,7cm, technique mixte

Le 21 Octobre 2019, avec trois amis (Victor Artiga, Simon Schadwinkel, Tarik Kentouche), nous avons participé a une exposition collective: Distance Matters, située à Braunschweig, en Allemagne.

Peinture sur châssis, peinture à même la surface en verre du cube, installation, sculptures, tous ces éléments apparemment différents répondant à trois codes couleurs distincts – rouge, vert, bleu – s’entremêlent et se répondent.

Le lieu de l’exposition est un cube en verre de deux mètres sur deux, situé dans le parc de l’école d’art de Braunschweig, dont nous avons pris possession et que nous avons renommé «The Window» pour l’occasion.

Il nous est apparu assez naturellement comme une fenêtre ; une fenêtre à la fois sur ce qu’elle donne à voir, mais aussi sur son entourage, à savoir un parc verdoyant entouré par les bâtiments de l’école. Il y a aussi une forte dimension de distance sur ce qui est montré : le cube est un espace restreint, transparent mais clos, situé dans un lieu de passage ouvert sur la nature. Il est visible de loin et offre une vue radicalement différente de près, montrant au spectateur des pièces à échelles variées.
Le lien fort qu’entretient cet espace avec son environnement se retrouve également avec son matériau structurel – le verre – dont les reflets viennent jouer avec la composition de cette peinture en trois dimensions.

Cette proposition fonctionne en deux temps, le jour et la nuit. En effet, le cube s’illumine la nuit, offrant ainsi une vue radicalement différente de celle du jour. La peinture que j’ai réalisé à même la surface vitrée (Paint on a cube) est l’élément avec lequel cette double action est la plus évidente : chaque touche de pinceau, chaque opacité est soulignée, mise en lumière, donnant un spectacle presque sanglant.