Antichambre, pour un portrait anti-iconique

Parallèlement à son activité de photographe indépendant qu’il débute en 1978 dans le milieu théâtral parisien, Max Armengaud développe une démarche personnelle à partir de sa pratique du portrait. Depuis plus de 30 ans, il poursuit un travail de dévoilement et de confrontation d’institutions célèbres, autant de repères identitaires habitant notre imaginaire collectif dont il questionne le champ de visibilité.

Opérant derrière la scène de la communication institutionnelle, il interroge la notion même de portrait. Par son traitement formel de la figure et la fragmentation sérielle, il affirme une position anti-iconique, à l’opposé du portrait officiel dont il élargit les codes à la dimension collective. S’opposant à l’aspect univoque et schématique de la forme iconique, il donne à voir, avec gravité et non sans malice, du singulier, de la complexité, du contradictoire, proposant une représentation qui reste largement ouverte aux interprétations.

Ses portraits d’institutions ne sont pas des réponses à des commandes mais autant de projets personnels, animés par une logique d’investigation que Max Armengaud a débutée en 1986 dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Il l’a poursuivie dans celles de la Cité du Vatican et de la Villa Médicis, du Château de Prague, de la Casa de Velázquez et des arènes de Madrid, du Palais de l’Élysée, de la mairie de Marseille, et ces dernières années dans la coulisse de l’Assemblée nationale, du Mont SaintMichel et du Rugby Club Toulonnais.

Dans ses ensembles photographiques, Max Armengaud tisse les traces d’histoires individuelles avec, pour chacune d’elles, les liens d’appartenance à des valeurs communes, à une histoire collective, les portraits des individus constituant autant de fragments du portrait collectif qu’il construit.

Dans une époque très largement occupée au commentaire de l’instant et à la célébration de la jouissance du présent, sa démarche, porteuse de valeurs à la fois esthétiques, documentaires et politiques, se positionne dans le rapport à la longue durée, travaillant à la construction d’une archive du futur.

Max Armengaud a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 1990-1991, puis membre de la section artistique de la Casa de Velázquez à Madrid de 1993 à 1995. Il enseigne la photographie à l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille Méditerranée depuis 1999.

www.maxarmengaud.com